Délégation de Seine et Marne : Journée départementale du 15 décembre

Vendredi 15 décembre, les Pupilles ont été invités par la Préfète de Seine et Marne
à une journée départementale solidarité du monde combattant, dans le cadre du
centenaire de la création par Georges Clemenceau des Pupilles de la Nation.
 
Discours de madame Anne-Marie Harczynski
Présidente de la délégation de Seine et Marne

Madame la Préfète
Mesdames et Messieurs les Elus Régionaux, Départementaux et Communaux
Monsieur le Directeur de l’ONAC
Mesdames et Messieurs les Représentants d’Associations d’Anciens Combattants
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

Le 2 avril 1954 mon père, Roger JOLLY parachutiste au 8 éme bataillon de CHOC, était tué au combat à DIEN BIEN PHU en Indochine sur un des célèbres points d’appui dénommé  Eliane.

Le 2 avril 1954 ma mère devenait veuve de guerre à 25 ans  et moi le jour de mes 5 ans, Pupille de la Nation. L’Indochine est un conflit qui n’était pas bien perçu à cette époque, il fallait l’oublier et ne pas en parler. Madame la Maréchale DE LATTRE devient Marraine de tous les Orphelins d’Indochine et à l’occasion de chaque Noël je recevais un petit cadeau et une carte de vœux, cela jusqu’à mes 14ans.

De mon Père, je n’ai aucun souvenir, quelques photos et une grande ombre ;  le manque de sa présence. Seulement, j’ai vu enfant, son nom gravé sur le monument aux morts de notre commune, et beaucoup plus tard, sur le mur des combattants de la guerre d’Indochine, au sein de la nécropole de Fréjus ainsi que sur celui du monument qui se trouve dans sa Caserne à Castre, son corps étant resté en terre d’Indochine.

Etre pupille de la Nation c’est avoir des droits mais c’est aussi  des devoirs, avoir tout d’abord ce devoir de la mémoire, celui de perpétuer le souvenir des hommes, souvent très jeunes qui au  cours des différents conflits  du siècle dernier ont perdu la vie pour leur pays, mais également ceux de ce siècle en cours, sur des terrains d’opérations comme l’Afghanistan, le Mali, la Centrafrique. Récemment le statut de pupille de la nation a été donné à des enfants dont le parent a été tué dans des attentats terroristes.

Je dirais qu’être pupille de la nation  c’est une fierté, c’est un engagement personnel  pour entretenir la mémoire de nos parents morts pour la France et surtout ne pas oublier.

Enfin et j’en terminerai, par ces mots de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature en 1982.

« Se souvenir est facile pour ceux qui ont de la mémoire, mais oublier est difficile pour ceux qui ont du cœur. »

Je vous remercie pour votre attention

Le discours du centenaire

Le centenaire des pupilles de la Nation.    
Madame la Préfète
Mesdames et Messieurs les Elus Régionaux, Départementaux et Communaux
Monsieur le Directeur de l’ONAC
Mesdames et Messieurs les Représentants d’Associations d’Anciens Combattants

Mesdames, Messieurs,

Apres la guerre de 1914/1918 prés de un  million d’enfants se sont retrouvés orphelins.

Georges Clemenceau, Président du conseil et à l’initiative de Léon Bourgeois Ministre et futur prix Nobel de la Paix votent une loi  ou l’Etat Français reconnait la souffrance matérielle de ces enfants.

Le 27 juillet 1917  Le statut de pupille de la Nation  est  institué.

Statut unique au monde.

Le nombre de pupilles va augmenter avec les conflits suivants :

  1. OOO seconde guerre mondiale

 30.000    Indochine

 18000   Algérie

Les enfants des militaires morts en opérations extérieurs.

Mais tous cela n’a pas du être très facile pour la mise en place et la prise en charge de chaque Orphelin.

Beaucoup de pupilles  ont découvert leur statut au décès du dernier parent, en rangeant les documents de celui-ci.

Les contextes n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.

L’école était obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans, quelques uns ont pu, sur concours aller dans une école supérieure

Mais pour  la plus part c’était l’apprentissage ou le marché du travail.

Les transports n’étaient pas faciles ou inexistants   ‘’   c’était le vélo    ‘’

Mais surtout ce qui nous a fait souffrir le plus.     C’est la souffrance Morale.

Dans les familles on ne parlait de rien,  même quand le papa était revenu du front

A l’école pour  beaucoup d’orphelins nous avons appris à lire et a écrire Papa Maman, mais qui n’a pu être dit à l’un ou l’autre parent malheureusement décédé.

 Oui cela est une souffrance que nous trimbalons toute notre vie.

Souffrance qui est pris en compte  aujourd’hui avec les victimes des attentats ainsi que les opex

Egalement aujourd’hui,  la communication et les diffusions des infos permettent de connaitre  plus facilement nos droits.

Sans oublier les associations qui sont un relais entre ces victimes et l’ONAC VG.

Oui nous avons vécu dans l’ombre et enfin  aujourd’hui 100 ans après nous avons la reconnaissance et donc faisant partie de l’histoire de notre Patrie ou nos parents sont morts pour notre liberté.

Vive La république Vive La France

 

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